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Fonds photographies Dethève

Fonds photographies Dethève

Découvrir les photographies et cartes postales du fonds Dethève, c’est voguer vers les rives d’un monde enfui au charme désuet d’un orientalisme de pacotille. Un mirage qui a fait vibrer ceux que cet exotisme bon teint constitué de palmiers, de chaleur tropicale et d’odalisques extirpait d’une vie bourgeoise on-ne-peut-plus-engoncée. L’Afrique à mi-chemin entre les mystères Touaregs et les emportements d’un Delacroix. Ou encore, l’Extrême-Orient de Madame Chrysanthème ou de Madame Butterfly. Pierre Loti ou Pierre Louÿs. Et on se surprendrait presque à fredonner des refrains d’antan aux accents émoustillants.



Sa Tonki-ki, Sa Tonki-ki, Sa Tonkinoise



Mais ne soyons dupes. L’œil contemporain sait désormais déjouer les artifices de cette vision idyllique pour percevoir les disparités d’une réalité bien plus complexe tant les photographies et cartes postales rassemblées par Claude Dethève illustrent le colonialisme. Au cours de ses différentes missions en Afrique et en Asie, Claude Dethève, médecin dans le corps de santé des troupes coloniales de 1894 à 1912, prend lui-même des photographies, en achète d’autres réalisées par des studios photographiques, Bonfils ou Langaki pour n’en citer que les plus célèbres. L’album qu’il compile présente des clichés privilégiant souvent le côté pittoresque : temples, petits métiers de rue, processions, exécutions publiques, portraits de femmes chinoises aux petits pieds, geishas, femmes africaines aux seins nus reflètent le pouvoir fascinant de ces ailleurs sur l’imaginaire occidental. Ces photographies rendent compte du regard porté par cette vieille Europe de militaires, journalistes, écrivains, diplomates, sur la Chine ou l’Afrique. Ce même regard qui aboutira bientôt à un Tintin au Congo. Avant que ne s’amorce le déclin des puissances impérialistes, si bien restitué par une Marguerite Duras, puis l’émancipation et l’indépendance.


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