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Fonds Vénitien

Fonds Vénitien

Ah Venise ! Son palais des Doges, sa place Saint-Marc, le Rialto, Le Pont des Soupirs. Un imaginaire romantique et romanesque qui vous tourne la tête. Casanova y a multiplié les frasques qui lui vaudront un séjour sous les Plombs, d’où il fuira mémorablement. Alfred de Musset s’y est morfondu de voir roucouler George Sand auprès d’un dottore. Venise, c’est l’outrance de l’amour et de la fête.



Laisse les gondoles à Venise



Mais que tombent les masques de cette Venise carnavalesque pour révéler les vrais rouages de la Sérénissime. C’est ce à quoi s’est dédié Auguste Boullier (1832-1898). Cet italophile fervent, député de la Loire de 1871 à 1876, est particulièrement attaché à Venise dont il souhaite écrire une histoire politique. Un projet qui ne verra jamais le jour mais pour la préparation duquel il rassemble des sources importantes, imprimés, manuscrits, estampes du XVIème au XIXème siècle. Les quelques notes manuscrites témoignent d’ailleurs de son goût pour les éditions rares. La forte représentation de deux historiographes du XVIème siècle, Pietro Aretino (L’Arétin) et Lodovico Dolce, dans cet ensemble de premier ordre sur Venise et la Vénétie sont parfaitement cohérents au regard de l’entreprise de Boullier. Et pourquoi ne pas lier l’utile à l’agréable ? Les commissions ducales du XVIème siècle révèlent autant les mécanismes administratifs et diplomatiques de Venise que les raffinements des enluminures et reliures des grandes familles vénitiennes. Diplômes de pharmacologie ou textes officiels présentent les mêmes qualités esthétiques que Boullier, bibliophile averti, appréciait particulièrement. Le théâtre des XVIème et XVIIème siècles, la littérature de voyages et une collection de vedute vénitiennes des XVIIIème et XIXème siècles parachèvent la collection d’un érudit inscrit dans son siècle doublé d’un mécène. À sa mort, Auguste Boullier lègue à sa ville natale sa bibliothèque désormais riche de 7 700 pièces. Aujourd’hui encore, ce fonds vénitien constitue une référence dans la connaissance de la cité lacustre. Venise y gagne en authenticité ce qu’elle y perd en poésie : « Adieu tous les pigeons qui nous ont fait escorte… »